Le Maroc au défi de la démocratie
Sa Majesté le Roi Mohammed VI a prononcé dimanche soir le discours de commémoration du 36e anniversaire de la Marche Verte qui, à quelque vingt heures près coïncide cette année avec la célébration de l'Aïd Al-Adha. Deux événements, en effet, que le peuple marocain met à profit, non sans sérénité, pour marquer son double attachement à ses valeurs islamiques et à la mémoire patriotique. Le ton, la conviction inébranlable, la didactique et l'espérance mis dans l'allocution par le Roi sont, à coup sûr, à la mesure des enjeux auxquels le Maroc se trouve aujourd'hui confronté. L'échéance électorale approche à grands pas, d'une part parce que la campagne électorale sera lancée sous peu et, d'autre part, en raison du parachèvement d'un laborieux cycle de réformes majeures mises en œuvre depuis le discours inédit que le Souverain a prononcé le 9 mars dernier, annonçant une nouvelle Constitution.
On mesure, dans ces conditions, le chemin parcouru en quelque neuf mois pour reconfigurer le visage de la démocratie, désormais exemplaire, complète et de surcroît participative. Le Souverain n'hésite pas à prévenir d'emblée que notre pays «entre dans une ère constitutionnelle nouvelle qui consolide son esprit unitaire et renforce notre modèle spécifique en matière de démocratie et de développement». Spécificité exemplaire, oserions-nous, car elle démontre chaque jour la pertinence de nos choix et de nos avancées dont le Roi reste l'initiateur. Le Maroc a devancé les attentes et pris en charge les impératifs des mutations, institutionnelles, économiques, sociales et humaines notamment, qui s'imposaient. Tant de changements opérés depuis l'accession au Trône de Sa Majesté le Roi en juillet 1999, n'ont pas seulement valeur de symbole, mais ont été optimisés et capitalisés, ils se sont succédé sans fin à un rythme soutenu et ont constitué, «in fine», une théorie, une doctrine, une référence.
Celle de la gouvernance agissante et interactive. À vrai dire, et c'est un euphémisme, nous avons été témoins et acteurs d'une «Révolution permanente» qui n'a épargné aucun champ, nul secteur d'activité et qui, on ne le dira jamais assez, a comporté un nombre inouï d'innovations. Le Souverain affirme à cet égard que «notre commémoration, cette année, de l'anniversaire de la Marche Verte intervient quelques jours avant le lancement de la campagne pour l'élection de la prochaine Chambre des représentants. Ce scrutin tire son importance non seulement du fait qu'il est le premier du genre à avoir lieu dans le cadre de la nouvelle Constitution, mais aussi parce qu'il constitue le principal indicateur à l'aune duquel se mesure la mise en œuvre démocratique de la nouvelle Loi fondamentale.»
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