Maintien du potentiel export de l'OCP
L'étroitesse de l'offre internationale des céréales et le relèvement de la production de biocarburants resteraient des facteurs clés de la dynamique de la demande internationale de fertilisants. Les effets de cette conjoncture favorable actuelle commencent d'ailleurs par se manifester au niveau national. Soutenues en effet par une robuste demande mondiale des fertilisants, les exportations des phosphates et dérivés devraient rester fermes. Pour les engrais phosphatés DAP et MAP (Diammonium phosphate et monoammonium phosphate), la hausse prévue de l'offre exportable du Maroc devrait permettre de capter une grande partie de la croissance de la demande mondiale pour ces produits sur le moyen terme. Cette orientation est encouragée par la baisse attendue des capacités d'exportation des États-Unis et par la diminution prévue des exportations de la Chine, par rapport au niveau record de 2010, en raison notamment de la mise en œuvre de mesures fiscales restrictives pour l'exportation. Ainsi, la mise en œuvre des capacités additionnelles de granulation de l'OCP devrait permettre une orientation progressive vers l'exportation de produits finis (DAP et MAP) au détriment du phosphate brut et de l'acide phosphorique. Néanmoins, le groupe OCP a conclu fin septembre un important contrat avec l'entreprise canadienne Agrium pour l'approvisionner en phosphate à partir de 2013 et ce jusqu'en 2018, avec une option de reconduction du contrat pour deux années supplémentaires. Cet approvisionnement remplace la mine d'Agrium en Ontario, dont les réserves sont en voie d'épuisement.
L'accord comprend un mécanisme de tarification complexe qui permet de partager certains risques entre l'OCP et Agrium. Les cours des phosphates et dérivés sont soutenus à court terme par la persistance d'un équilibre serré entre l'offre et la demande mondiales. L'utilisation accrue des fertilisants pour augmenter les rendements des cultures est encouragée par des niveaux historiquement élevés des cours des produits agricoles et énergétiques. Pour l'acide phosphorique, les taux d'utilisation des capacités de production en 2012 sont prévus à des niveaux historiquement élevés, compte tenu de la forte demande, des retards dans les projets d'extension et de l'annonce de la fermeture de certaines usines. Au-delà de 2012, les pressions sur l'offre devraient s'estomper en lien avec la mise en œuvre des nouvelles capacités de production au Maroc et en Arabie saoudite (projet Ma'aden).
Cependant, la forte demande prévue devrait absorber progressivement cette nouvelle offre, entraînant un retour vers l'équilibre du marché. La conclusion de nouveaux contrats au second semestre de 2011, notamment avec l'Inde et le brésil, serait de nature à maintenir les échanges internationaux des fertilisants sur leur trend haussier pour le restant de l'année. Fin septembre dernier, les exportations des dérivés de phosphates ont progressé de 32% sur un an, en raison d'une hausse du prix moyen de 23% et du volume exporté de 7%. Malgré une baisse du volume exporté (-7%), les ventes en valeur de phosphate brut ont augmenté de 42%, suite à la hausse du prix moyen de la tonne de 53%, à 1 308 DH.
La part du phosphate brut dans les exportations totales des phosphates et dérivés a diminué à environ 25% sur les trois dernières années, contre une moyenne de 30% sur la période 2006-2008, traduisant une orientation vers l'exportation des produits à plus grande valeur ajoutée. Dans ce sillage, les importations de soufre brut ont augmenté de 108% sur les neuf premiers mois de 2011 pour atteindre 4,3 MMDH, en raison d'une hausse du prix moyen de 105% et du volume importé de 1%. À fin septembre 2011, les exportations des phosphates et dérivés ont atteint près de 35,4 MMDH, en hausse de 34% par rapport à 2010 et de 56% par rapport à la moyenne des cinq dernières années, suite à une forte augmentation des cours. Leur part dans les exportations totales de marchandises est ainsi passée à 28%, contre 25% en 2010.
Une valorisation accrue sous forme d'engrais et d'acide serait de nature à favoriser l'émergence de nouveaux produits. Cette démarche permettrait au pays de tirer bénéfice des perspectives de croissance importantes des économies émergentes (Chine, Inde, Brésil, etc.). Ceci passe par un recentrage de l'OCP sur son seul métier d'entreprise concomitamment à une maîtrise parfaite de toute la chaîne des coûts.
Ouverture de l'offre exportableDe plus en plus de pays s'ouvrent aux échanges et exposent un nombre croissant de secteurs à la concurrence internationale. Cette ouverture n'est, cependant, pas suffisante pour leur permettre de participer aux échanges, car les entreprises ne sont pas toutes bien préparées pour pénétrer les marchés mondiaux. Ils doivent fournir des efforts importants pour pénétrer ces marchés, surtout dans le contexte de démantèlement tarifaire et de mise aux normes internationales qu'impose la mondialisation. Dans ces différents domaines, explique le Centre marocain de conjoncture, le Maroc a réalisé des avancées importantes. L'objectif est de faire du secteur des exportations un véritable moteur de croissance de son économie.
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